RÉFLEXIONS SUR L'ART

Si nous acceptons a priori que tout raisonnement intellectuel est tout à fait aléatoire et que toute définition est simplement relative, nous pourrons disposer d'une certaine liberté afin de répondre à des questions qui soit en prise directe avec la dialectique cognitive.

C’est à partir d’une perspective individuelle et en nous introduisant dans le champ des langages plastiques que nous pouvons envisager le fait que tout artiste a le droit et la liberté de formuler et d'utiliser à partir d’une condition tout à fait subjective un corps formel, une grammaire plastique, en définitive une esthétique, qui répondent à son besoin individuel, bien que cette formulation ne sera jamais, en un environnement historico-social comme le nôtre, comprise et acceptée par tout le monde.

Il n'existe pas une conception absolue de l'art. L'art est langage qui, au moyen d'une technique -pas toujours nécessaire- et un haut degré de sensibilité, permet d’accomplir, en un moment historico-social, une grammaire visuelle et/ou conceptuelle laquelle, à son tour, permet à l’individu de s’affirmer en face de soit même ou en face d’une collectivité.

Sous ces hypothèses, les langages plastiques ou conceptuels apparaissent parfois contradictoires et ils différent toujours selon le moment historique dans lequel ils s'accomplissent, ainsi que de l’affirmation de l’individu ou groupe social.

Nous respectons, même si nous ne les partageons pas, des attitudes tendancielles à imposer un critère personnel absolu qui se veuille valable soit au niveau de la création ou de l'interprétation artistique. Les discussions controversées sur l'art figuratif et l'art abstrait, ainsi que beaucoup d’autres, encore largement répandues de nos jours, de même que tant de caractéristiques des discussions à l’entour de l’art, nous semblent des attitudes quelquefois imposantes et clairement partiales. Nous croyons qu'un exercice d’objectivité pourrait tempérer certains esprits.

La ligne la plus innovatrice de l'art d’aujourd’hui suit des chemins tendant à renverser les valeurs établies. Certains artistes défendent la nécessité de l’abolition des principes et concepts instaurés et ils proclament l'établissement soutenu de nouveaux critères. Il s'agit de renverser tous les concepts que l’on appelle traditionnels et de substituer les techniques artistiques qui traditionnellement servaient et servent encore à beaucoup d’artistes en tant que moyen d'expression individuelle. Cette attitude n'est pas acceptée par d’autres artistes qui nient toutes les valeurs artistiques innovatrices.

Nous sommes obligés à prendre une attitude éclectique en face de ces principes et accepter d’envisager que, en fonction des prémisses établies, toutes peuvent avoir une base de raisonnement qui leur permettent de définir, pas seulement le concept d'art, mais un travail qui matérialise la définition établie. On oserait même croire, en acceptant les limitations de la pensée, qu’il n'existe pas "l'art pur", l'artiste libéré de l'environnement, c'est-à-dire, indépendant du temps du lieu et du moment historique et social dans lesquels il se développe.

Nous défendons, donc, une attitude engagée avec le respect à la totale liberté du créateur, bien que notre attitude puisse frapper un nombre d'artistes et de spectateurs qui envisagent l'acte créatif et interprétatif sous principes concluants et absolus.

Jordi Rodríguez-Amat


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